Pas une religion mais une relation

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Série de bancs d'églises vides en bois

Vous avez peut-être déjà entendu cette expression : 'La foi n'est pas une question de religion mais une question de relation' (ou équivalent). Elle prête à débat de nos jours. Cette phrase est-elle valide ? Est-elle conforme à ce que dit la Bible ? Et quelles en sont les conséquences pour notre vie en Christ ?

Le point central du christianisme

Autrefois, vous étiez morts à cause de vos fautes et de vos péchés […] Mais Dieu est riche en bonté. […] il nous a fait revivre les uns et les autres avec le Christ. C’est par la grâce que vous êtes sauvés. Par notre union avec Jésus-Christ, Dieu nous a ressuscités ensemble et nous a fait siéger ensemble dans le monde céleste. […]
Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est un don de Dieu ; ce n’est pas le fruit d’œuvres que vous auriez accomplies. […] Ce que nous sommes, nous le devons à Dieu ; car par notre union avec le Christ, Jésus, Dieu nous a créés pour une vie riche d’œuvres bonnes qu’il a préparées à l’avance afin que nous les accomplissions. (Éphésiens 2:1-10, Semeur, emphase de l’auteur)

Qu’est-ce qui fait de vous un chrétien ? L’êtes-vous parce que vous allez à l’église, parce que vous lisez la Bible, parce que vous écoutez des sermons ? Ou parce que vous donnez de l’argent pour les pauvres, parce que vous êtes sociable, parce que vous servez l’institution ou parce que vous obéissez bien à vos conducteurs ? Que nous explique Paul ici ? Qu’aucune de ces choses ne fait de vous un disciple de Christ. Ce qui fait un chrétien c’est Christ.

Le fait central du christianisme est notre relation avec ce cadeau, le Christ.

Que lisons-nous ici ? Que nous vivons une toute nouvelle vie grâce à un cadeau que Dieu nous a fait. Ce cadeau n’est pas une “chose” mais une personne : Jésus. Le fait central du christianisme est notre relation avec ce cadeau, le Christ. Rien d’autre ne nous définit en tant que chrétiens pas même la moindre bonne action de notre part.

En effet, que signifie “C’est par la grâce que vous êtes sauvés” ? La grâce veut dire une faveur imméritée. Que signifie “par notre union en Jésus-Christ” (certaines traductions disent tout simplement “en Christ”) ? Que cette vie chrétienne n’existe que par ce lien d’amour réciproque entre Christ et nous. Tout est là.

Religion ou relation ?

Je sais en qui j’ai cru (2 Timothée 1:12)

J’ai personnellement longtemps lutté avec l’idée que la vraie vie de disciple de Jésus-Christ n’ait rien à voir avec la religion. L’expression “Je n’ai pas une religion, mais une relation” est contestée parmi les chrétiens de nos jours[1]. J’ai vécu 45 ans dans diverses organisations religieuses. J’ai même participé à en fonder et j’en ai dirigé. Et aujourd’hui, après avoir tourné le dos à tout cela, je peux affirmer avec certitude que la vie en Christ n’a rien à voir avec la religion humaine.

Qu’est-ce que la religion ? Un ensemble de croyances, de valeurs, de traditions qui forment un cadre dans lequel ses membres se reconnaissent entre eux. Ces choses créent un sentiment de sécurité et d’appartenance, basé sur des règles (énoncées ou, le plus souvent, non-dites), mais aussi de reproche voire d’exclusion si on ne s’y conforme pas. La plupart du temps une religion s’organise et se structure pour former une organisation dans laquelle ses membres s’attendent à “vivre des moments” et recevoir des services. Ceux-ci peuvent être spirituels (confession, enseignement, accompagnement…) comme pratiques (enseignement pour les enfants, louange, activités…)

La religion organisée est faite par les hommes et pour les hommes.

Quel est le problème ? Ne voyez-vous pas ? Moi, moi, moi : mes besoins, mes attentes. La religion se base sur les besoins humains de socialiser avec ceux qui nous ressemblent et, pour ceux qui veulent en gravir les échelons, de se réaliser. La religion organisée est faite par les hommes et pour les hommes. Elle ressemble plus souvent à un bouquet de services et d’activités plus ou moins spirituelles.

D’où est-ce que cela vient ? Du fait que la religion se base sur ce en quoi elle croit. Si jamais vous posiez la question : “pourquoi vous croyez ceci ou faites cela” vous seriez vite orienté vers des “gens qui savent” et qui ont “l’autorité” suffisante pour vous dire que “c’est ainsi chez nous”, comprenez, dans notre organisation, notre courant, notre dénomination.

Le but de la vie chrétienne n’est pas d’accomplir quelque-chose ou de devenir quelqu’un, mais de suivre quelqu’un.

Pourtant, que nous explique Paul ? Que sa vie ne se base pas sur ce en quoi il croit mais sur celui en qui il croit. C’est par la relation avec le Christ que nous pouvons produire non pas des œuvres fabriquées par l’homme, mais les œuvres bonnes que Lui a préparées pour nous. Quelle différence ! Le but de la vie chrétienne n’est pas d’accomplir quelque-chose ou de devenir quelqu’un, mais de suivre quelqu’un. L’objectif n’est pas la réussite mais la communion. Votre but, c’est d’être avec Lui.

Une union durable

Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. (Jean 15:5)

Que nous apprend Jésus au travers de cette image ? Qu’en dehors de notre attachement à Lui rien n’est possible qui soit vivant. Qu’est-ce qui est inclus dans ce “rien faire” ? Eh bien, rien justement. Autrement dit, c’est une mauvaise nouvelle pour la religion : aucune action humaine n’est valable en dehors de la relation avec Christ.

L’image de la branche de vigne nous apprend qu’il ne s’agit pas d’accepter une fois Christ puis d’aller faire des choses “pour Lui”. Mais de vivre En Lui une union qui est destinée à être permanente ! Il s’agit de demeurer, c’est à dire littéralement d’habiter en Christ, d’y faire la demeure de son cœur. La branche est morte détachée de la Vigne. Voulez-vous être une branche morte ou une branche vivante ? Religion ou relation ?

Voulez-vous être une branche morte ou une branche vivante ? Religion ou relation ?

Voici ce que vous dit Jésus Lui-même : l’attachement à sa personne de manière continue est à la fois une invitation et une nécessité pour que la Vie —la sève— coule de la Vigne à la branche et que la branche soit vivante. C’est une excellente nouvelle ! Car cela signifie que cette communion à Christ est suffisante. Les fruits d’une branche pousseront naturellement, sans avoir à fabriquer quelque-chose, rien que par le simple lien avec le tronc. Rien d’autre n’est nécessaire.

Quelle légèreté comparée aux fardeaux imposés par la tradition humaine ! Finies les normes et les actes méritoires, vous n’avez rien à faire ! Seulement vous présenter à Christ autant que vous le voulez. Ce n’est pas une question de lieu, d’état de votre cœur ou de votre vie, de compréhension des choses spirituelles ou d’expérience. Rien ne vous empêche d’aller à lui en cet instant. Il est là, il vous attend.


  1. [1] Voir par exemple le livre “Parlons-mieux !” aux éditions BLF, chapitre 8. ↩︎

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